La climatisation est l'un des postes de consommation les plus lourds du tertiaire. Mais dans un hôpital, une clinique ou un EHPAD, elle est bien plus qu'une ligne sur la facture énergétique : le confort thermique des patients et des résidents est un enjeu de santé à part entière, surtout en période de canicule. Comment reprendre la main sur des installations souvent réglées au gré des télécommandes, sans dégrader le confort — et en réduisant les consommations ?
Personnes âgées, patients affaiblis, nouveau-nés : les publics accueillis dans les établissements de santé et médico-sociaux régulent mal leur température corporelle, et les épisodes de forte chaleur se traduisent directement en risque sanitaire. Ce n'est pas un hasard si, depuis la canicule de 2003, les EHPAD ont l'obligation de disposer d'au moins une pièce rafraîchie, activée dans le cadre du Plan Bleu.
Pour le responsable technique, cela change la nature du sujet : la climatisation n'est pas un équipement de confort qu'on peut se permettre de laisser dériver, c'est une installation critique dont il faut garantir la disponibilité — détecter une panne ou une dérive de température avant qu'elle ne devienne un problème sanitaire — tout en maîtrisant des consommations qui s'envolent chaque été.
Dans la majorité des établissements, la climatisation se pilote… à la télécommande. Chaque occupant règle son unité comme il l'entend : une consigne à 19 °C en plein été dans un bureau, une unité qui tourne toute la nuit dans une salle de réunion vide, une fenêtre ouverte pendant que le split fonctionne. Sans supervision, personne ne le voit — et personne ne peut le corriger.
L'absence de gestion centralisée a une autre conséquence, moins visible mais tout aussi coûteuse : aucun réduit n'est appliqué. Les consignes restent identiques jour et nuit, en présence comme en inoccupation. Ajoutez les conflits entre chauffage et climatisation dans des zones adjacentes — chaque régulation compensant l'autre — et ces dérives peuvent représenter 20 à 30 % de surconsommation sur le poste climatisation.
Raccorder la climatisation à une GTB, c'est d'abord choisir une stratégie d'encadrement des usages, avec deux approches possibles selon les zones :
Au-delà des consignes, la GTB applique automatiquement des réduits selon les plannings d'occupation, coordonne chauffage et climatisation pour éliminer les conflits, et génère des alarmes en cas de dérive anormale de température — signe fréquent d'une panne ou d'un encrassement de filtre. Elle peut aussi exploiter l'inertie du bâtiment pour relever légèrement les consignes pendant les pics de demande électrique, sans perte de confort perceptible.
Un établissement de santé n'est pas un bâtiment homogène : c'est la coexistence d'usages très différents, qui appellent des stratégies distinctes.
C'est cette granularité zone par zone qui fait la différence entre une climatisation « qui tourne » et une climatisation pilotée.
Reste la question que tout responsable technique se pose : mes climatisations sont-elles seulement intégrables ? Le parc s'est souvent constitué au fil des ans, multi-marques et multi-générations, et l'intégration passait historiquement par les passerelles propriétaires des fabricants — onéreuses, et à multiplier par le nombre de marques présentes. Il existe aujourd'hui des passerelles « universelles » de nouvelle génération, compatibles avec la majorité des fabricants et des modèles, qui changent l'équation économique.
La distinction clé se fait sur l'architecture :
Autrement dit, un parc hétérogène n'est plus une impasse : c'est un sujet d'étude préalable, pour choisir la bonne passerelle et le bon point de raccordement selon chaque système.
Dans les établissements accueillant des publics fragiles, la climatisation est à la fois un poste de consommation majeur et un équipement critique pour la santé des occupants. Un pilotage par la GTB permet d'encadrer les usages sans confisquer le confort, d'appliquer enfin des réduits, de différencier les stratégies zone par zone et de détecter les dérives avant qu'elles ne deviennent des incidents. Et grâce aux passerelles universelles, l'hétérogénéité du parc n'est plus un obstacle.
C'est le cœur de l'accompagnement OuiSense auprès des hôpitaux, cliniques et EHPAD : auditer l'existant, définir les stratégies de pilotage adaptées à chaque zone et intégrer les équipements en place, quelle qu'en soit la marque. Vous voulez savoir ce qu'il est possible de faire avec votre parc actuel ? Parlons-en.
Une GTB peut-elle piloter tout type de climatisation ?
C'est à étudier au cas par cas, mais dans la majorité des cas, il existe des solutions. Les passerelles universelles de nouvelle génération couvrent la majorité des fabricants et modèles de VRV/DRV ; pour les splits, des boîtiers radio sans fil permettent désormais de raccorder chaque unité intérieure sans câblage.
Quelle économie attendre du pilotage GTB de la climatisation ?
Selon l'état initial des équipements et les usages constatés, les économies observées se situent généralement entre 15 et 25 % sur le poste climatisation — davantage lorsque aucun réduit n'était appliqué.
GTB climatisation et décret BACS : quel lien ?
La climatisation fait partie des équipements CVC directement visés par le décret BACS dès lors que la puissance dépasse les seuils réglementaires. Le raccordement à une GTB est donc, pour beaucoup d'établissements, une obligation autant qu'une opportunité.